Origines !
Les
conséquences éduquent mieux que les conseils dit-on, mais il importe
aujourd’hui que les Béninois ne prennent pas la situation que traverse
l’Assemblée nationale à ses conséquences uniquement.
L’impasse
actuelle n’arrange en réalité aucun acteur du développement national en dehors
de ceux qui s’accrochent à leur strapontin et à leurs positions privilégiées
acquises à travers un opportunisme dont les limites apparaissent au grand jour
après seulement une année de législature. En clair, la crise à des origines
tout aussi multiples que profondes.
Inutile
de revenir sur les conditions de la constitution de la majorité qui a fait
élire le bureau actuel. Des conditions qui rappellent des périodes très
pénibles pour certains d’entre les députés, empêcher d’exprimer directement
leur choix et contraints de consentir à délivrer des procurations sous des
pressions diverses. Profitant de cette conjoncture, le camp du président de
Fort
de pouvoir mettre sous coupe réglée le fonctionnement même du parlement, le
camp présidentiel n’a eu aucun mal à réduire à néant une des prérogatives
essentielles de la représentation nationale à savoir le contrôle de l’action
gouvernementale. L’objectif affiché étant de maintenir la pensée unique qui a
prévalu aux premiers mois de l’accession au pouvoir de Boni YAYI. Il fallait
donc empêcher toute volonté de contrôle des représentants du peuple sur la
gestion du pouvoir afin de ne pas prêter flanc à la critique et à la
dénonciation des dérapages éventuels. Le président de l’Assemblée nationale qui
a le plus bénéficié des procurations négociées par le pouvoir à l’occasion de
son élection au perchoir est devenu l’instrument central de l’obstruction
systématique des séances de questions orales au gouvernement. Un exercice jugé
humiliant pour les ministres qui rechignent à venir plancher devant une
institution dont les responsables leur doivent leur positionnement.
Entièrement
obnubilé par cette caporalisation, le président de l’Assemblée est astreint à
plus de docilité et de servilité vis-à-vis du chef de l’Etat. Cela débouche sur
une interprétation très très étriquée du règlement intérieur du Parlement avec
la confiscation de tous les pouvoirs du bureau entre les mains du seul
président du parlement. Une gestion solitaire qui a abouti à la désignation
controversée des membres de
L’une
des manifestations de ces incongruités dans la gestion du parlement demeure le
dilatoire autour de la désignation des députés devant siéger à
Il
faut ajouter aux disfonctionnements de l’Assemblée nationale, les conditions de désignation des
représentants de l’institution à
L’autre
atteinte grave à la liberté d’expression des députés est la suppression de
l’émission « La paroles aux députés » sur la télévision nationale. Une
situation qui ne suscite visiblement aucune inquiétude de la part du président
de l’Assemblée nationale. Ce dernier n’a entrepris aucune démarche visant au
rétablissement de cette émission conformément à l’exigence de service public à
laquelle est astreinte l’Office de Radiodiffusion et de Télévision du Bénin
(Ortb) dont dépend la télévision nationale. Au cours des autres mandatures, la
représentation nationale a dû recourir à des contrats avec des organes
audiovisuels privés en vue d’une large diffusion des débats parlementaires. Ce
qui n’a pas été le cas sous le mandat du président Nago. Il n’existe donc pas
d’action de communication adéquate visant à améliorer l’image de l’institution
auprès de nos concitoyens.
La
tension ainsi créée au sein du groupe des députés a pris une ampleur
considérable avec la psychose générale entretenue autour de la sécurité des
députés surtout ceux considérés comme des adversaires du régime. Une psychose
entretenue par l’administration du parlement si l’on s’en tient aux méthodes
utilisées. C’est ainsi que régulièrement des documents d’une extrême gravité
sont distribués dans les casiers des députés alors que le bâtiment est
constamment sous la surveillance d’un détachement de l’armée nationale. à cela
s’ajoute la violence des débats et des menaces verbales à l’intérieur même de
l’hémicycle sans oublier l’agression physique dont un de nos collègues a été
victime de la part d’un autre collègue soutenant le gouvernement en pleine
conférence des présidents.
L’ambiance
délétère au palais des gouverneurs n’a pas empêché le Commandant militaire, le
Lieutenant Colonel Ange Adjaho de se livrer à des attaques en règles contre les
députés dits adverses au camp présidentiel. C’est ainsi qu’il entreprend une
opération de retrait des armes Akms affectées aux agents servant de garde du
corps aux députés. Ceci en contradiction totale avec les usages en la matière
depuis des années. Comme si cela ne suffisait pas, le Lieutenant Colonel s’est
également lancé dans une offensive médiatique tous azimuts dont le but exclusif
est de salir l’honorabilité du président Adrien Houngbédji. A peine si l’ancien
président de l’Assemblée nationale n’a pas été accusé de mensonge.
Des
informations graves sur sa protection ont été relayées dans les médias par le
soin de celui qui est sensé veillé sur le système de sécurité de la
représentation nationale. Des actes d’une extrême sensibilité et d’une extrême
gravité qui n’ont suscité aucune réaction de la part du président de
l’Assemblée nationale.
D’autres
actes indirectement liés à la gestion du parlement contribuent à exacerber la
crise politique. Il s’agit de la violation de la loi électorale avec le refus
du gouvernement de faire installer les conseils municipaux dont l’élection a
été proclamée par
Le
tableau des causes profondes de la crise qui secoue le parlement s’assombrit
chaque jour davantage du fait des atteintes dont le responsable n’est rien
d’autre que le pouvoir central notamment le gouvernement du président Boni YAYI.
Tout est fait pour entraver le plus possible l’expression plurielle. Un rôle
dans lequel le président de l’Assemblée nationale, Mathurin Nago excelle malheureusement
au détriment du prestige de l’institution dont il a la charge.
Cotonou,
le 25 août 2008
Raphaël Akotègnon
http://www.raphaelakotegnon.info/
Raphael AKOTEGNON
Lorsque dans une cité règne un calme plat, vous pouvez être sûr que la liberté n'y est pas. Vingt (20) mois après l'avènement du régime dit de changement, que reste-il des libertés publiques chèrement acquises par notre peuple ? Sommes-nous toujours dans un Etat démocratique ?
La quasi-totalité des organes de presse écrite, de radiodiffusion et de télévision sont sous contrat avec le pouvoir en place. Ils sont payés fortement et périodiquement par l'argent du contribuable béninois et doivent, en contrepartie se borner à encenser le régime en place, publier des articles de thuriféraires du pouvoir ou créer des émissions laudatrices pour forcer l'adhésion des populations : il s'agit ni plus ni moins de la corruption d'Etat.
Conséquence : recul de la presse de notre pays qui passe du 1er au 9ème rang en Afrique et du 23ème au 53ème rang au plan international.
Concernant l'Assemblée Nationale, nul n'ignore aujourd'hui que le Gouvernement dirige le Parlement par procuration. Cette aberration conduira lentement mais surement notre démocratie dans le décor : c'est le gouvernement qui fixe les ordres du jour (parfois contraires au règlement intérieur) que
Les interpellations du gouvernement faites par les députés restent très souvent lettres mortes et toute intervention des élus du peuple qui ne sont pas de la mouvance est perçue comme visant à saboter le régime en place. C'est comme si le Parlement n'existe pas, car celui-ci se révèle aujourd'hui être une chambre d'enregistrement de l'exécutif.
L'épisode actuellement en cours consiste à priver de siège les représentants des partis dits de la minorité parlementaire au niveau notamment des commissions électorales d'arrondissement (CEA) dans plus de 60% des cas parce que les CEA concernés ne se composent que de deux (2) ou trois (3) membres que les députés de la mouvance prétendent être seuls en droit de désigner. Cette prétention a conduit trente (30) députés (PRD-PRS et ADD) à vider l'hémicycle, puis à se fondre en un seul groupe parlementaire et à saisir
Pour ce qui est du bras de fer opposant l'exécutif au judiciaire, il est de notoriété publique que c'est le chef de l'Etat qui, unilatéralement a décidé en conseil des ministres de surseoir à l'exécution des décisions de justice afférentes aux litiges domaniaux, au mépris des articles 125 et 126 de
- Article 125 : le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Il est exercé par
- Article 126 : La justice est rendue au nom du Peuple Béninois. Les juges ne sont soumis, dans l'exercice de leurs fonctions, qu'à l'autorité de la loi. Les magistrats du siège sont inamovibles.
Tout litige oppose deux ou plusieurs parties, et dans notre pays, les tribunaux statuent contradictoirement. En prenant une telle décision, au lieu de procéder au cas par cas, le chef de l'Etat insinue-t-il que tous ceux contre qui les décisions de déguerpissement sont prises ont raison ?
Au nom du populisme et malgré les mouvements de grève observés par les magistrats, le chef de l'Etat persiste à faire fi des deux articles cités supra au motif qu'il serait seul détenteur d'une légitimité donnée par le peuple. Donc pour lui, les députés et les conseillers communaux ou municipaux tous élus au suffrage direct et universel comme lui, par le même peuple, sont moins légitimes parce qu'élus dans des circonscriptions électorales réduites. Quelle preuve d'humilité !
Encore ici,
Contre toute attente, les libertés publiques et privées s'effritent au fil du temps sous le régime du changement et les devoirs régaliens de l'Etat, c'est-à-dire ceux-là même qui sont assignés au chef de l'Etat en contrepartie des prérogatives qui lui sont conférées par la constitution - ces devoirs dis-je - sont présentés comme un cadeau du chef de l'Etat ou du gouvernement au peuple béninois. Quelle honte !
Aujourd'hui, le chef de l'Etat qui a adopté une stratégie de one man show au niveau du pouvoir exécutif, s'estime au dessus de la loi, s'arroge lorsqu'il le désire un droit de veto sur les décisions d'autres institutions de contre pouvoir : le DESPOTISME s'installe progressivement au Bénin. Nous retournons à la case départ et tout est à recommencer !
Prostitution royale ou déchéance de la royauté d'Abomey.
14 Décembre 2007
Il y à quelques semaines nous avions assisté par la voie de
certaines presses à un événement malheureusement inédit sur la terre des
houégbadjavi : les rois d’Abomey ont marché pour soutenir les actions du
Président Boni YAYI en faveur d’un soit disant programme de reconstruction de la ville d’Abomey.
En effet le jeudi 29 novembre 2007 le
ministre Armant Zinzindohoué en charge
des transports et des travaux publics alla lancer dans la cité historique les
travaux de préfabrication et de pose des dallettes pour la fermeture des
caniveaux sur l’axe routier Abomey-Bohicon. Dans ce cadre certains cadres de la
région et les rois d’Abomey avec quelques désoeuvrés et affamés manoeuvrés ont
été mobilisés pour en faire un grand événement ; ce qui en réalité ne
valait aucunement la peine quand on sait que ces ouvrages réalisés par le
pouvoir défunt il y à au moins cinq ans avec à la clé source de beaucoup
d’accidents mortels. Jusque là encore nous pouvons nous reconnaître dans une
logique politicienne vue que les élections municipales et communales
approchent. Mais de là à faire marcher les rois pour remercier et soutenir par
la même occasion les actions du président pour la reconstruction de la ville
d’Abomey, il y à quelque chose qui ne tourne pas bien chez les dignitaires
d’Abomey. Les rois Agoli-Agbo et Houédogni
Béhanzin marchés pour soutenir un président, cela est d’autant plus
étonnant qu’on se demande à quoi voulons nous assister avec l’avènement de Boni
YAYI ? A la désacralisation des vertus et pouvoirs ancestraux de nos
royaumes ou à la prostitution du royaume des houégbadjavi ?
Au demeurant que des fils de la cité
historique marchent pour soutenir un gouvernement en place, cela n’a rien
d’étonnant encore que la chose
politique peut constituer le tremplin
d’un creuset pour les actions de développement. Mieux un roi peut apporter
ouvertement son soutien à un pouvoir ; à priori cela peut choquer mais ne
devrait pas étonner pour constituer un crime de lest majesté. Cependant que des
rois d’une aussi grande cité soient obligés de marcher pour quelques raisons,
cela dépasse l’entendement. Que cela soit pour une noble cause, on se demande
jusqu’où iraient les princes d’Abomey pour démontrer à la face du monde leur
sens poussé de gloutonnerie, d’inculture et de bassesse rien que pour avoir des
billets de banque. Des rois marchés, du jamais vu si ce n’est sur la terre des
princes d’Abomey. En tout cas de mémoire de natif d’Abomey et ayant vécu
pendant longtemps en plus de mes connaissances sur l’histoire de cette ville
historique je ne me rappelle pas avoir entendu ou lu quelque part que des dignitaires
d’une royauté se sont prostitués de la sorte pour de l’argent. A la vue de la
scène on se croirait sur une autre planète à une autre époque.
Imaginer tous les rois du bénin se
mettre à marcher pour soutenir le pouvoir en place. Que de viendrait alors la
royauté au Bénin ? On se rappelle le statut politique de toute l’Afrique
avant la colonisation .c’est bien sûr la royauté avec des grands ensembles
soutenus par des vertus sacrées et ancestrales que défendaient becs et ongles
les tenants du titre. Même si le roi Béhanzin dit kondo le requin a fini par se
rendre à l’ennemi ce n’est pas en vendant son peuple mais en se sacrifiant et
malgré lui pour sa patrie. Qu’aujourd’hui de source princière les quelques
royautés qui constituent des socles de nos traditions, de nos réalités
ancestrales, des vertus de la chose
sacrée et de l’unité dans nos villes et campagnes soient bâillonnées rien
que pour des ambitions politiques égoïstes et personnelles de quelques
assoiffés du pouvoir et du gain facile ; on pourra commencer par
s’inquiéter du pouvoir de Boni YAYI.
On se rappelle qu’a grands bruits
médiatiques annonçant l’avènement de la tenue précipitée de la 47ème
fête de l’indépendance , le pouvoir en place avec à sa tête le président Boni
YAYI , chef de l’Etat était allé pour un soit disant réconciliation des
rois de la citée historique. A supposer cette fanfaronnade vraie et réussie ,
cela ne donne aucun droit ni privilège à ces personnages qui ne sont que les tenants
du titre ;la royauté étant connue et perçue comme toute une organisation sacrée
perpétuelle aux mains de nos ancêtres et exercées seulement par les vivants. Se
rappelant de l’histoire de la ville et
celle des rois de celle-ci je sais que c’est une des réalités les plus sacrées
et vénérées que j’ai jamais connue .Que de vils intéressés assoiffés du gain
facile décident de se faire humilier juste pour avoir du pain soit disant pour
supporter l’effort et la volonté de BONI
YAYI en faveur de la reconstruction d’Abomey, c’est leur privilège. Mais que des
rois se font le chantre et le griot de la déchéance de la chose princière et
sacrée de nos aïeux, il est à craindre que d’ici là des rois commencent par se
faire nommer maire ; préfet ou ministre par le président de la république dans le but de les avoir acquis à sa botte à
l’espèce d’un ministre ressortissant d’Abomey et qui fait malheureusement la
honte des houégbadjavi en particulier et des fons en général. Sinon jusqu’au
moment où je prenais ma plume pour rédiger cet article la raison qui pourrait soutendre
un tel comportement de la part de nos premiers princes ne m’a pas effleuré
l’esprit. Qu’attendent les rois de Bantè, de Dassa, de Savè, de Tchaourou, de
Savalou de Kandi, de Parakou et d’ailleurs pour marcher en soutien au
président ? C’est toujours les fons qui se montrent par leur ventre. Mais
c’est honteux et malsain. Le président Nicéphore Soglo pendant ces six années
de pouvoir n’a pas connu des rois et particulièrement ceux de la citée
historique marchés pour le soutenir et c’est des rois fons d’Abomey qui marchent pour applaudir un président non
fon cela ressemble à tout égard à une
manipulation orchestrée par le pouvoir en place et jouée par les fils d’Abomey
eux-mêmes mus par quelques intérêts personnels et égoïstes dans un seul but d’humilier la royauté fon
des houégbadjavi reconnue pour sa célébrité guerrière et son prestige. Des
aboméens s’humiliant, se prostituant pour ainsi dire sans vergogne ni honte
pour soit disant soutenir l’effort du pouvoir en place en faveur d’une
reconstruction de leur ville annonce for malheureusement la déchéance de leur
institution sacrée depuis des millénaires qu’est la royauté.
Les fils d’Abomey face à l’œuvre de la
reconstruction de leur ville.
Aujourd’hui certains fils d’Abomey courent derrière Boni YAYI sous
prétexte de vouloir reconstruire leur ville. Faux et archi faux. Car s’il y à
une ville qui dispose de toute les potentialités et atouts pour se développer,
c’est bien Abomey.
De mémoire de natif et de résident de
cette ville depuis les années 70 je l’ai connu dans sa rusticité à nulle autre
pareille. Sauf erreur de ma part Abomey regorge de cadres ; aussi bien
militaires que civils éminemment valables
pour promouvoir et s’investir aux côtés de la reconstruction de leur
localité. Tous ceux-ci ayant été des artisans très actifs de tous les mouvements de
changement politiques qu’a connu notre
pays jusqu'à ce jour.
Cependant très tôt l’égoïsme et la
trahison ont eu raison de ces bras valides en quête de pouvoir et de gain
facile. .Ainsi divisés sur ce qui doit être commun, chacun a fini par choisir
défendre son ventre rien qu’en faisant
l’éloge du pouvoir et de son homme. Le cas de la révolution avec le PRPB
en est une illustration combien tristement célèbre ; éloquente quand même.
Ils avaient l’occasion de se rattraper sur cette ligne à l’avènement de Nicéphore Soglo. Mais mes aînés ont préféré
se détacher de leur frère et fils pour s’allier aux politiciens pour faire de
la politique politicienne ; celle destructrice et non la real
politique ; celle constructive qui aurait permis à Abomey d’amorcer sa
reconstruction. Résultat Kérékou est revenu en remplacement par les urnes de
Soglo nous avait –on dit. Le comble Abomey et toue la région fon devrait
connaître un isolement qui durera dix bonnes (10) années.
Le visage actuel de la ville d’Abomey.
Conclusion
La terre des houégbadjavi est sacrée et
doit rester sacrée ; n’en déplaise aux mécontents et aux affamés qui
malheureusement pour des billets de banque souillés n’hésitent pas un seul
instant à poser des actes dans le sens
de sa désacralisation .Ainsi avant que ce soit la royauté sacrée depuis des
millénaires qui soit déchue aussi banalement par des sordides à la botte des
incultes animés rien que par des miettes , il va falloir que tous les princes
et fils d’Abomey de près ou de loin ensemble comme un seul homme se soulèvent
et décident de la déchéance de ces deux individus qui ne méritent plus la
confiance ni le prestige des houégbadjavi bafoués, humiliés et réduits à la
simple valeur de poubelle de la sorte que cela s’est produit et montré au
peuple et au monde entier par nos chaînes de télévisions.
réellement efficace ?
Raphael AKOTEGNON
Présentation de la situation et les mesures pour y remédier
Il y a déjà des mois voire des années que la vie est devenue chère, très chère, en raison de l'érosion croissante du pouvoir d'achat de la population. Les produits de grande consommation tels que la farine de blé donc le pain et autres produits dérivés, le riz blanchi, les pâtes alimentaires, le sucre, et même les denrées cultivées localement comme le maïs, le mil, la farine de manioc, le sorgho, et bien d'autres produits se renchérissent au fil du temps. Les produits pétroliers comme le gaz de chauffage, les carburants, le gaz oïl ne sont pas en reste. Cette liste est complétée par les matériaux de construction tels que le ciment et le fer à béton.
Devant cette situation de cherté accrue, la population ne sait plus à quel saint se vouer tandis que nous assistons, paradoxalement, à l'augmentation du train de vie de l'Etat et à une situation de surliquidité au niveau du Trésor Public et des banques de tous ordres. A quoi sert-il de thésauriser pendant que l'économie tourne au ralenti et que la population est en proie à la faim ? Qu'est-ce qui empêche le gouvernement d'utiliser cette surliquidité pour relancer la production nationale afin de réduire la dépendance de notre pays vis-à-vis des produits importés ?
Beaucoup plus préoccupé par sa cote de popularité, le gouvernement a quand même fini par se rendre à l'évidence en prenant des mesures après un temps de laxisme coupable et surtout, parce que acculé par les cris de détresse quotidiens de nos compatriotes.
En effet, la semaine écoulée, à grand renfort de propagande le gouvernement a vulgarisé ses mesures dites hardies pour contrer cette situation qui n'est guère favorable à la paix et à la quiétude des populations. Ces mesures qui sont de deux ordres concernent d'une part les dispositifs fiscaux (crédits d'impôts sur stocks existants et fixation de valeur mercuriale annulant ou minorant les droits et taxes à l'importation) et de mise à disposition à coût réduit de maïs par le biais de l'ONASA, d'autre part les dispositifs pour réorienter à terme la consommation nationale à travers la définition d'une politique nationale de consommation.
Malgré tout le tapage médiatique orchestré par le Gouvernement sur la mise en œuvre de ces mesures les opérateurs économiques et les revendeuses pour la plupart refusent d'appliquer les prix fixés pour la simple et bonne raison qu'ils ne peuvent pas vendre les stocks disponibles en deçà de leur coût d'achat.
Prenons le cas des produits importés : A ce niveau les pouvoirs publics ont décidé de renoncer à la perception de tout ou partie des droits et taxes à l'entrée pour permettre l'accessibilité de toutes les couches à ces produits.
Il s'en suit que les prix actuels ne peuvent être réduits qu'à hauteur du montant des doits et taxes abandonnés pour autant que ceux-ci constituent des éléments du prix de revient (en principe,
Normalement, les mesures gouvernementales devraient se concentrer sur les produits agricoles et agroalimentaires locaux afin de décourager la grande consommation de produits importés. Bien que notre pays ait opté pour le libéralisme économique, il n'est pas interdit de créer un régime de faveur au profit de l'agriculture et de l'industrie locales en prenant les dispositions requises ou appropriées pour éviter l'exportation non autorisée de certains produits locaux vers l'hinterland.
Au demeurant l'on est en droit de se demander si ces mesures ne constituent pas de la poudre jetée aux yeux de nos populations par les dirigeants actuels, à la veille des prochaines élections communales, municipales et locales dans le dessein d'endormir ou de tromper l'électorat ? Une fois les élections passées, les populations seront remises à leur ancien maître qu'est l'inflation à travers la cherté de la vie à cause d'un gouvernement incapable de trouver les voies et moyens de sortir du cercle vicieux de la pauvreté.
L'exemple du Sénégal est là patent. Voyant le peuple souffrir face à la hausse vertigineuse du prix des produits de grande consommation il y à quelques mois, le gouvernement sénégalais a pris des mesures similaires pour contrer cette situation. Erreur ou manque de réalisme dans la prise de ces décisions ? Le constat est là têtu : la vie est toujours chère au Sénégal.
En conclusion, l'efficacité de ces mesures trouve ses limites dans la nature de notre budget qui est essentiellement fiscale. La renonciation par les pouvoirs publics à percevoir des recettes fiscales ne pouvant être actuellement que provisoire, l'on voit clairement que la solution trouvée constitue une fuite en avant. Le véritable problème est de savoir si cette situation de baisse généralisée du pouvoir d'achat dans la sous région n'est rien d'autre qu'un signe avant coureur d'une nouvelle dévaluation du franc CFA ?