Articles

Catégorie nos internautes écrivent

Marche des rois d’Abomey pour soutenir les actions du président Boni YAYI :

 Prostitution royale ou déchéance de la royauté d'Abomey.

14 Décembre 2007

Il y à quelques semaines nous avions assisté par la voie de certaines presses à un événement malheureusement inédit sur la terre des houégbadjavi : les rois d’Abomey ont marché pour soutenir les actions du Président Boni YAYI en faveur d’un soit disant programme de  reconstruction de la ville d’Abomey. 

 
En effet le jeudi 29 novembre 2007 le ministre  Armant Zinzindohoué en charge des transports et des travaux publics alla lancer dans la cité historique les travaux de préfabrication et de pose des dallettes pour la fermeture des caniveaux sur l’axe routier Abomey-Bohicon. Dans ce cadre certains cadres de la région et les rois d’Abomey avec quelques désoeuvrés et affamés manoeuvrés ont été mobilisés pour en faire un grand événement ; ce qui en réalité ne valait aucunement la peine quand on sait que ces ouvrages réalisés par le pouvoir défunt il y à au moins cinq ans avec à la clé source de beaucoup d’accidents mortels. Jusque là encore nous pouvons nous reconnaître dans une logique politicienne vue que les élections municipales et communales approchent. Mais de là à faire marcher les rois pour remercier et soutenir par la même occasion les actions du président pour la reconstruction de la ville d’Abomey, il y à quelque chose qui ne tourne pas bien chez les dignitaires d’Abomey. Les rois Agoli-Agbo et Houédogni  Béhanzin marchés pour soutenir un président, cela est d’autant plus étonnant qu’on se demande à quoi voulons nous assister avec l’avènement de Boni YAYI ? A la désacralisation des vertus et pouvoirs ancestraux de nos royaumes ou à la prostitution du royaume des houégbadjavi ?

Au demeurant que des fils de la cité historique marchent pour soutenir un gouvernement en place, cela n’a rien d’étonnant encore  que la chose politique  peut constituer le tremplin d’un creuset pour les actions de développement. Mieux un roi peut apporter ouvertement son soutien à un pouvoir ; à priori cela peut choquer mais ne devrait pas étonner pour constituer un crime de lest majesté. Cependant que des rois d’une aussi grande cité soient obligés de marcher pour quelques raisons, cela dépasse l’entendement. Que cela soit pour une noble cause, on se demande jusqu’où iraient les princes d’Abomey pour démontrer à la face du monde leur sens poussé de gloutonnerie, d’inculture et de bassesse rien que pour avoir des billets de banque. Des rois marchés, du jamais vu si ce n’est sur la terre des princes d’Abomey. En tout cas de mémoire de natif d’Abomey et ayant vécu pendant longtemps en plus de mes connaissances sur l’histoire de cette ville historique je ne me rappelle pas avoir entendu ou lu quelque part que des dignitaires d’une royauté se sont prostitués de la sorte pour de l’argent. A la vue de la scène on se croirait sur une autre planète à une autre époque.

Imaginer tous les rois du bénin se mettre à marcher pour soutenir le pouvoir en place. Que de viendrait alors la royauté au Bénin ? On se rappelle le statut politique de toute l’Afrique avant la colonisation .c’est bien sûr la royauté avec des grands ensembles soutenus par des vertus sacrées et ancestrales que défendaient becs et ongles les tenants du titre. Même si le roi Béhanzin dit kondo le requin a fini par se rendre à l’ennemi ce n’est pas en vendant son peuple mais en se sacrifiant et malgré lui pour sa patrie. Qu’aujourd’hui de source princière les quelques royautés qui constituent des socles de nos traditions, de nos réalités ancestrales,  des vertus de la chose sacrée et de l’unité dans nos villes et campagnes soient bâillonnées rien que pour des ambitions politiques égoïstes et personnelles de quelques assoiffés du pouvoir et du gain facile ; on pourra commencer par s’inquiéter du pouvoir de Boni YAYI.

On se rappelle qu’a grands bruits médiatiques annonçant l’avènement de la tenue précipitée de la 47ème fête de l’indépendance , le pouvoir en place avec à sa tête le président Boni YAYI , chef de l’Etat était allé pour un soit disant réconciliation des rois de la citée historique. A supposer cette fanfaronnade vraie et réussie , cela ne donne aucun droit ni privilège à ces personnages qui ne sont que les tenants du titre ;la royauté étant connue et perçue comme toute une organisation sacrée perpétuelle aux mains de nos ancêtres et exercées seulement par les vivants. Se rappelant  de l’histoire de la ville et celle des rois de celle-ci je sais que c’est une des réalités les plus sacrées et vénérées que j’ai jamais connue .Que de vils intéressés assoiffés du gain facile décident de se faire humilier juste pour avoir du pain soit disant pour supporter  l’effort et la volonté de BONI YAYI en faveur de la reconstruction d’Abomey, c’est leur privilège. Mais que des rois se font le chantre et le griot de la déchéance de la chose princière et sacrée de nos aïeux, il est à craindre que d’ici là des rois commencent par se faire nommer maire ; préfet ou ministre par le président de la république  dans le but de les avoir acquis à sa botte à l’espèce d’un ministre ressortissant d’Abomey et qui fait malheureusement la honte des houégbadjavi en particulier et des fons en général. Sinon jusqu’au moment où je prenais ma plume pour rédiger cet article la raison qui pourrait soutendre un tel comportement de la part de nos premiers princes ne m’a pas effleuré l’esprit. Qu’attendent les rois de Bantè, de Dassa, de Savè, de Tchaourou, de Savalou  de Kandi, de Parakou  et d’ailleurs pour marcher en soutien au président ? C’est toujours les fons qui se montrent par leur ventre. Mais c’est honteux et malsain. Le président Nicéphore Soglo pendant ces six années de pouvoir n’a pas connu des rois et particulièrement ceux de la citée historique  marchés pour le  soutenir et c’est des rois fons d’Abomey  qui marchent pour applaudir un président non fon cela ressemble à tout égard  à une manipulation orchestrée par le pouvoir en place et jouée par les fils d’Abomey eux-mêmes mus par quelques intérêts personnels et égoïstes  dans un seul but d’humilier la royauté fon des houégbadjavi reconnue pour sa célébrité guerrière et son prestige. Des aboméens s’humiliant, se prostituant pour ainsi dire sans vergogne ni honte pour soit disant soutenir l’effort du pouvoir en place en faveur d’une reconstruction de leur ville annonce for malheureusement la déchéance de leur institution sacrée depuis des millénaires qu’est la royauté.

 

Les fils d’Abomey face à l’œuvre de la reconstruction de leur ville.

Aujourd’hui certains  fils d’Abomey courent derrière Boni YAYI sous prétexte de vouloir reconstruire leur ville. Faux et archi faux. Car s’il y à une ville qui dispose de toute les potentialités et atouts pour se développer, c’est bien Abomey.

De mémoire de natif et de résident de cette ville depuis les années 70 je l’ai connu dans sa rusticité à nulle autre pareille. Sauf erreur de ma part Abomey regorge de cadres ; aussi bien militaires que civils éminemment valables  pour promouvoir et s’investir aux côtés de la reconstruction de leur localité. Tous ceux-ci ayant été des artisans très  actifs de tous les mouvements de changement  politiques qu’a connu notre pays jusqu'à ce jour.

Cependant très tôt l’égoïsme et la trahison ont eu raison de ces bras valides en quête de pouvoir et de gain facile. .Ainsi divisés sur ce qui doit être commun, chacun a fini par choisir défendre son ventre rien qu’en faisant  l’éloge du pouvoir et de son homme. Le cas de la révolution avec le PRPB en est une illustration combien tristement célèbre ; éloquente quand même. Ils avaient l’occasion de se rattraper sur cette ligne à l’avènement  de Nicéphore Soglo. Mais mes aînés ont préféré se détacher de leur frère et fils pour s’allier aux politiciens pour faire de la politique politicienne ; celle destructrice et non la real politique ; celle constructive qui aurait permis à Abomey d’amorcer sa reconstruction. Résultat Kérékou est revenu en remplacement par les urnes de Soglo nous avait –on dit. Le comble Abomey et toue la région fon devrait connaître un isolement qui durera dix bonnes (10) années.

 

Le visage actuel de la ville d’Abomey.

 Abomey continue d’offrir aux visiteurs le même tourisme rustique. A preuve les mêmes murs en terre battue lézardée présentent un spectacle pas trop digne d’une ville aussi célèbre qu’a été Abomey. Si ta visite à Abomey est un baptême tu dirais un gros village. Pas de routes, aucune infrastructure fiable digne du nom, l’éclairage presque inexistant ; si ce n’est quelques endroits bien indiqués qui bénéficient par moment de cet éclairage. Mais si tu es un habitué du milieu tu comprendras que quelque chose se fait depuis ces dernières années timidement avec une volonté forcée et aussi  en faveur de la décentralisation.  Nous pouvons citer  entre autres les bureaux du tribunal, les bureaux rénovés de la préfecture , le motel d’Abomey, les bureaux de la poste ,les bureaux du CNSS, le CHD , les bureaux de la chambre du commerce ,le lyteb et bien d’autres. C’est dire que si Abomey devrait être construite ou reconstruite ce n’est pas aux temps de YAYI. Bien au contraire Abomey avec les aboméens devraient servir d’exemple en terme de reconstruction de ville historique modernisée.

 

Conclusion

 Pour conclure nous dirons qu’aucune raison ne peut fonder ni expliquer le comportement déshonorant de ces deux rois qui se sont malheureusement illustrés dans une marche soit disant pour soutenir les actions du pouvoir à la faveur d’un semblant programme de reconstruction de la ville pour un montant minable de cinq cents millions(500000000) de francs CFA .Comment peut on comprendre que pour quelques dallettes incertaines  pour couvrir des caniveaux construits depuis cinq ans qui certainement ont déjà envoyé au cimetière des centaines d’aboméens et d’autres bien sur, des rois ont choisi  marcher pour acclamer la chose .C’est honteux, ignominieux et dégradant. Et surtout qu’on ne vienne pas nous dire que ce sont les politiciens qui les ont entraîné dans cette hasardeuse aventure à la poubelle. Car avant d’être intronisés rois, ils sont d’abord des pères de famille donc des responsables avec leur foyer en gestion. Ils ont purement et simplement fait montre d’une légèreté doublée d’une bassesse dans la gestion de la royauté à eux confiée d’une part par l’oracle et les ancêtres pour le cas de Agoli-Agbo et par le pouvoir politique de Kérékou quant à Houédogni Béhanzin. De toutes les façons leur conduite immorale et honteuse doit être réprimandée avec la dernière rigueur.

La terre des houégbadjavi est sacrée et doit rester sacrée ; n’en déplaise aux mécontents et aux affamés qui malheureusement pour des billets de banque souillés n’hésitent pas un seul instant  à poser des actes dans le sens de sa désacralisation .Ainsi avant que ce soit la royauté sacrée depuis des millénaires qui soit déchue aussi banalement par des sordides à la botte des incultes animés rien que par des miettes , il va falloir que tous les princes et fils d’Abomey de près ou de loin ensemble comme un seul homme se soulèvent et décident de la déchéance de ces deux individus qui ne méritent plus la confiance ni le prestige des houégbadjavi bafoués, humiliés et réduits à la simple valeur de poubelle de la sorte que cela s’est produit et montré au peuple et au monde entier par nos chaînes de télévisions.                              

Alain Mèvo GHEZO

Posté le 16/12/2007 | 91 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Miss Brown, Je voudrais comprendre :

27 novembre 2007 - La Presse du Jour

Le Président de l’Assemblée Béninois

Nationale du Bénin, Mathurin Nago s’est expliqué sur le refus de visa à Célestine Adjanohoun. Les faits. L’élue du peuple, au sens de la loi fondamentale du 11 Décembre 1990, Mme Célestine Adjanohoun, s’est vue refuser le visa par l’Ambassade des Etats-Unis près le Bénin alors qu’elle s’apprêtait à prendre part, avec d’autres députés béninois membres du groupe national de l’Union Interparlementaire, à la rencontre de l’audition parlementaire à New York. Il s’agit d’une rencontre annuelle entre les parlementaires du monde entier et les responsables de l’Organisation des Nations Unies pour aborder des questions d’intérêt majeur pour le monde entier. Selon le Président de l’Assemblée Nationale du Bénin, les procédures ont été normalement engagées et c’est l’ambassade qui aurait refusé de délivrer un visa au député Célestine Adjanohoun. Interrogations. Que reproche l’Ambassade des Etats-Unis au député Célestine Adjanohoun ? Quelles sont les raisons pour lesquelles le député béninois n’a pas droit au visa alors qu’elle est élue de la Nation, disposant de ses droits civiques et politiques, ayant un casier judicaire vierge ? Comment peut-on expliquer cette légèreté au niveau des services compétents de l’Ambassade des Etats-Unis au Bénin ? Je voudrais comprendre. Miss Brown, a-t-elle reçu des injonctions et instructions dans ce sens ? Et de la part de qui alors ? Au nom de quoi empêcher un représentant du peuple d’aller parler au nom de son peuple aux Nations Unies ? Sur quelques bases de sécurité a-t-on refusé à Madame Célestine Adjanohoun de fouler le sol américain ? Je voudrais comprendre. Le député béninois est-il une menace à la sécurité internationale ? Est-elle terroriste ? Je voudrais comprendre. Le refus d’octroi de visa à Madame Célestine Adjanohoun est un scandale diplomatique, éthique, politique et juridique. Scandale diplomatique parce que ce n’est pas Madame qui voudrait se rendre aux Etats -Unis pour faire du tourisme ! C’est le député Célestine Adjanohoun qui voudrait se rendre en mission aux Etats-Unis dans l’exercice de ses fonctions parlementaires. C’est un élu du peuple. Si le Président de l’Assemblée Nationale et le Ministre des Affaires Etrangères n’ont pu rien faire, jugez-en vous-même ! C’est un scandale politique car Miss Galeatha Brown n’est pas au service des intrigues politiciennes du pays hôte, mais au service de la Démocratie et de la Liberté, si chères aux pères fondateurs des Etats-Unis. C’est un scandale juridique parce que aucune disposition n’a été violée par la demanderesse, Célestine Adjanohoun. Au nom de cette liberté si chère à Georges Washington, John Adams ,Thomas Jefferson ,James Madison, James Monroe, John Quincy Adams, Andrew Jackson, Martin Van Buren, William Henry Harrison, John Tyler ,James Polk, Zachary Taylor, Millard Fillmore, Franklin Pierce, James Buchanan, Abraham Lincoln, Andrew Johnson, Ulysses S. Grant, Rutherford B. Hayes Fillmore, James A. Garfield, Chester A. Arthur, Grover Cleveland, Benjamin Harrison,…je voudrais comprendre.

Herbert Houngnibo


Posté le 27/11/2007 | 75 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Ecureuils :

lundi 15 octobre 2007

Comme dans les ronces !

Plus que belle, la qualification des Ecureuils vendredi à Freetown a quelque chose d'orgasmique. En ce sens que la jouissance du public sportif s'accommode bien des réjouissances de la fin du Ramadan. Belle légende pour signifier à tous les prochains adversaires que le football béninois sort de sa période d'ascétisme pour entrer dans l'ère des banquets. Gare à vous, fauves et autres pachydermes qui écumeront les pelouses de Ghana 2008 ! Le petit rongeur a grandi et sait à présent se faufiler entre les branches des ronces. Oh ! Ecureuils, je vous adore.

Que d'élégances, que de bonheur ! Deux buts griffés Omar Tchomogo ont suffi. Le capitaine a montré la voie étouffant, en deux coups de crampons alertes, la grosse frayeur du début de match. D'autant que les Sierra Léonais, premiers à se jeter sur le ballon comme des morts-de-faim, se sont aussitôt installés sur notre moitié de terrain. Mais pour combien de temps justement. Pour autant, la première migraine est du côté des cinq mille supporters locaux qui espéraient encore des Leone Stars un dernier sursaut d'orgueil. La pilule Tchomogo vient de faire tressaillir les entrailles des filets adverses. A 1-0, c'est une bonne rasade pour libérer la soif de buts des Béninois. Mais comme une avance aussi étriquée est toujours source d'anxiété, autant solder les comptes. Le capitaine s'est à nouveau chargé d'offrir au public sportif béninois un deuxième but libérateur. Merci Tchomogo Omar !

Le travail paie toujours
Fini ainsi avec les si, si et si, le visage des qualifiés de la CAN 2008 se dévoile radieusement. Tant mieux pour les pelotons de tête. Ce n'est tout de même pas emphatique que de clamer avec enthousiasme que la troisième meilleure deuxième place des Ecureuils est aussi d'or d'autant qu'elle ne s'englue dans aucune gadoue du football continental. Afin que nul n'en ignore, seule la défaite discutable (du fait d'un arbitrage partisan le 08 septembre 2006 à Lomé) constitue l'unique point noir du parcours emblématique des Ecureuils. Oublié le "nul incommodant" de Cotonou face au Mali, le Bénin a eu un parcours plus qu'honorable dans cette phase de qualification. Il aurait pu même prétendre à la première place de son groupe. La preuve que tout travail pourvu qu'il soit sérieux et profond porte des fruits. Depuis les débuts de cette compétition, le groupe a montré une abnégation salutaire. L'encadrement technique a trouvé les mots justes pour faire passer le message. Maintenant que tout se met en place, que la confiance est de retour, que la cohésion reste le maître mot et que les luttes de leadership sont rangées au placard, à nous Ghana 2008 !

Gare à vous, fauves et pachydermes l

A Accra, comme ce fut le cas à Tunis il y a quatre ans, Les Ecureuils vont côtoyer d'autres individus de la jungle du football africain. Le roi Lion camerounais et ses apparentés marocains et sénégalais, le boulimique pachyderme ivoirien, le grandissime rapace nigérian et ses collatéraux maliens et tunisiens, la mare de crocodiles soudanais du Nil et leurs pharaons égyptiens, etc.. ne doivent plus constituer des épouvantails. Auréolés de cette belle qualification, aguerris devant tant d'épreuve, moulés à la charge de 2004, les Ecureuils ont maintenant droit au respect du jeune-grand qui a passé l'épreuve d'initiation et qui aspire bien à délimiter son espace d'influence. Ainsi averties, les 15 autres nations qui seront présentes à Accra apprendront à leurs dépens.

Cette fois-ci, les Ecureuils n'y vont plus pour apprendre mais pour s'affirmer. Passer le premier tour est une noble ambition. Cela doit se préparer dès le lendemain de la qualification. Bien entendu aussitôt, les réjouissances de cette qualification achevées.


Posté le 08/11/2007 | 77 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Un opposant est né

mercredi 31 octobre 2007, par Arimi Choubadé

Rédigé le 31 octobre 2007

 

Ou plutôt, né de nouveau. Me Houngbédji sort des bois 19 mois après sa défaite à la présidentielle de mars 2006. Quelques mois seulement de moins que le délai d’indécision (24 mois) vis-à-vis du premier mandat de Kérékou avant la défection en bloc des ministres Prd du gouvernement en 1998. Cette fois-ci, il fallait juste confirmer une rupture pourtant visible depuis fort longtemps – personne n’a souvenance d’une véritable collusion entre lui et Yayi Boni depuis l’avènement du changement.

Rien de nouveau pour Houngbédji qui connaît l’adversité politique sous plusieurs formes : l’exil, l’humiliation, la condamnation à mort par contumace, la démission… Sauf que les temps ont bien changé. Il est bien loin, l’époque où on fait de la politique par pure chevalerie, au nom de la veuve et de l’orphelin. Surtout s’il s’agit d’afficher la posture d’une alternative qui revendique le pouvoir. Les meetings, la présence médiatique, l’entretien des militants, la vie de parti, il faut plus que le sacerdoce pour assurer tout cela.

La réclame de l’application du statut de l’opposition voté depuis 2002 ne constitue donc pas un caprice de poltron. L’adversaire en face dispose, tout de même, du budget national tout entier : près de 700 milliards. La machine tourne à plein régime, à l’aide d’une batterie de ministres, d’une armada de conseillers, d’une cargaison d’élus divers, d’un appareil administratif entièrement conditionné. En comparaison, un cabinet, un véhicule de fonction, un salaire de ministre, une once de visibilité au sein du protocole d’Etat, le tout pour le chef de file de l’opposition apparaît obsolète. David face à Goliath.

L’intérêt des derniers développements de l’actualité n’est pas l’affichage public de Houngbédji en tant qu’alternative à Yayi Boni. C’est la posture du quémandeur des décrets d’application de loi portant statut de l’opposition qui frappe les esprits. On peut excuser ceux qui ont juré de ne jamais connaître l’opposition quel que soit le régime et quelles que peuvent être les orientations données à la marche du pays. Concept introduit par la génération des affairistes transformés en députés, ministres, diplomates ou élus locaux sous les règnes de l’ancien grand camarade.

Une excuse qui ne tient plus lorsqu’il s’agit de personnalités de l’envergure du locataire du palais d’Adjina (Porto-novo). L’opposition ne se défend pas uniquement lorsqu’on en a besoin. Nicéphore Soglo réclamait déjà la même chose en 1996 à la veille de son départ en rappelant à l’opinion publique nationale et internationale toutes les facilités qu’il avait accordées à son tombeur et prédécesseur alors qu’il aurait pu le passer à la potence pour tous les crimes commis sous son régime précédant le sien. La mouvance vainqueur de l’époque dont le N°2 n’était autre qu’un certain Adrien Houngbédji, premier ministre putatif, n’a répondu que par une mémorable raillerie.

Plus récemment encore, à l’occasion de l’opération de retour-surprise à la mouvance à la fin de règne de Kérékou en 2003, les tchoco-tchoco ont tout bonnement oublié que les statuts de l’opposition avaient besoin d’être restaurés. Ces différents soubresauts devraient logiquement inspirer toute la classe politique actuelle (s’il en existe encore une).

Eh oui ! L’opposition ne se défend pas uniquement lorsqu’on en a besoin !


Posté le 05/11/2007 | 83 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

La croissance de rêve

mardi 30 octobre 2007, par Arimi Choubadé

Rédigé le 30 octobre 2007

 

6,7% de taux de croissance au titre de l’année budgétaire 2008. Je vois des Béninois rouler de gros yeux à la lecture du projet envoyé au parlement par le gouvernement du changement. Près de 7%. A quelques encablures des deux chiffres annoncés depuis la transition herculéenne de 1990. Enorme ! Sommes-nous déjà à l’émergence ? Hong-Kong à nos portes !

Le processus d’abêtissement soutenu, déroulé sur toutes les ondes depuis plusieurs mois justifie amplement l’incrédulité des compatriotes de Yayi Boni vis-à-vis de cette nouvelle inespérée. Il n’y a pas que les érudits des grandes écoles d’économie qui puissent pénétrer les indices de cette embellie mathématique. Ceux qui arpentent régulièrement les dédales du Bénin profond savent ce qui a changé. À défaut, il suffit de consulter la déclaration de la délégation du Fonds monétaire international (Fmi) pour se faire son opinion.

On lit dans ce document fort instructif que le programme d’investissement public (Pip) est pratiquement au ralenti. Traduction : moins (ou plus du tout) de chantiers d’hôpitaux, de centres sociaux, de pistes rurales. N’eut été un appui spécial de la part du gouvernement français dans le cadre de la rentrée académique 2007-2008, les « exploits » du génie militaire au secours des scolaires n’auraient jamais vu le jour. Il ne reste comme charges publiques que le fonctionnement et les salaires. De la manne pour les caisses du trésor qui s’engorgent selon les indiscrétions de l’argenterie nationale. Sans compter le pactole issu des privatisations et de la pression fiscale tous azimuts. Aucune chance pour le taux de croissance d’éviter d’être pulvérisé.

Cela permet de doper la générosité du chef. 14 milliards pour les cotonculteurs, 1 milliard pour les artisans, 6 milliards pour les micros crédits, exonération des frais de scolarité, gratuité de soins pour les moins de 5 ans. Avec quelques commodités supplémentaires pour les princes eux-mêmes : triplement des salaires des ministres et des membres d’institution, multiplication du parc automobile de l’Etat et des tournées ministérielles, une centaine de milliards pour vendre le Bénin à l’extérieur en 8 mois, délocalisation coûteuse du conseil des ministres….

Entre les grands livres de compte et le panier de la ménagère, les princes ont tranché. Le choix ne souffre d’aucune ambiguïté. Les prix des denrées continuent de flamber sur les marchés. L’accès au pain devient un exploit de bourgeois aussi bien à Cotonou qu’à Natitingou. Les damnés de Toviklin, Lalo, Klouékanmè dans le département du Couffo complètement enclavés et inondés savent le prix à payer pour que le taux de croissance puisse chausser les bottes de l’émergence. Pistes complètement défoncées, difficiles d’accès plusieurs mois dans l’année, faute de crédit.

C’est un fait que les près de 7% ne traduisent pas une croissance de la productivité. La principale culture d’exportation, le coton, est pratiquement dans les cordes, l’école grippée, le sport sous perfusion, la santé approximative, le tourisme presque résiduel ; le commerce, les télécommunications, les routes en bute à l’improvisation et à l’incompétence. On ne sait toujours pas par quel bout prendre le chômage des jeunes. Une démocratie qui fonctionne sans partis politiques, sans opposition. Et pourtant le taux de croissance flotte au vent.

Je préfère ne rien y comprendre !


Posté le 05/11/2007 | 80 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Rechercher dans les articles

Vous recherchez ? :