Situation politique nationale :

Politique sans éthique n'est que ruine de  dignité

 Ce  27/12/2007
  Raphael AKOTEGNON

Lorsque dans une cité règne un calme plat, vous pouvez être sûr que la liberté n'y est pas. Vingt (20) mois après l'avènement du régime dit de changement, que reste-il des libertés publiques chèrement acquises par notre peuple ? Sommes-nous toujours dans un Etat démocratique ?

 

La quasi-totalité des organes de presse écrite, de radiodiffusion et de télévision sont sous contrat avec le pouvoir en place. Ils sont payés fortement et périodiquement par l'argent du contribuable béninois et doivent, en contrepartie se borner à encenser le régime en place, publier  des articles de thuriféraires du pouvoir ou créer des émissions laudatrices pour forcer l'adhésion des populations : il s'agit ni plus ni moins de la corruption d'Etat. La Haute Autorité de l'Audio-Visuel et de la Communication (HAAC) est interpellée, mais jusque là cette institution de contre-pouvoir est restée silencieuse, refusant de jouer son rôle constitutionnel, celui d'assurer la liberté et la protection de la presse (art. 142), laissant ainsi la population qu'elle est censée protéger, en pâture aux frasques et excès du régime.

Conséquence : recul de la presse de notre pays qui passe du 1er au 9ème rang en Afrique et du 23ème au 53ème rang au plan international.

 

Concernant l'Assemblée Nationale, nul n'ignore aujourd'hui que le Gouvernement dirige le Parlement par procuration. Cette aberration conduira lentement mais surement notre démocratie dans le décor : c'est le gouvernement qui fixe les ordres du jour (parfois contraires au règlement intérieur) que la Représentation Nationale peine à respecter.

Les interpellations du gouvernement faites par les députés restent très souvent lettres mortes et toute intervention des élus du peuple qui ne sont pas de la mouvance est perçue comme visant à saboter le régime en place. C'est comme si le Parlement n'existe pas, car celui-ci se révèle aujourd'hui être une chambre d'enregistrement de l'exécutif.


L'épisode actuellement en cours consiste à priver de siège les représentants des partis dits de la minorité parlementaire au niveau notamment des commissions électorales d'arrondissement (CEA) dans plus de 60% des cas parce que les CEA concernés ne se composent que de deux (2) ou trois (3) membres que les députés de la mouvance prétendent être seuls en droit de désigner. Cette prétention a conduit trente (30) députés (PRD-PRS et ADD) à vider l'hémicycle, puis à se fondre en un seul groupe parlementaire et à saisir la Cour Constitutionnelle. Celle-ci dira-t-elle le droit ou rendra-t-elle une décision politique ? Wait and see.

 

Pour ce qui est du bras de fer opposant l'exécutif au judiciaire, il est de notoriété publique que c'est le chef de l'Etat qui, unilatéralement a décidé en conseil des ministres de surseoir à l'exécution des décisions de justice afférentes aux litiges domaniaux, au mépris des articles 125 et 126 de la Constitution qui stipulent que :

 

-        Article 125 : le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Il est exercé par la Cour suprême, les cours et tribunaux créés conformément à la présente Constitution.

-        Article 126 : La justice est rendue au nom du Peuple Béninois. Les juges ne sont soumis, dans l'exercice de leurs fonctions, qu'à l'autorité de la loi. Les magistrats du siège sont inamovibles.

 

Tout litige oppose deux ou plusieurs parties, et dans notre pays, les tribunaux statuent contradictoirement. En prenant une telle décision, au lieu de procéder au cas par cas, le chef de l'Etat insinue-t-il que tous ceux contre qui les décisions de déguerpissement sont prises ont raison ?

 

Au nom du populisme et malgré les mouvements de grève observés par les magistrats, le chef de l'Etat persiste à faire fi des deux articles cités supra au motif  qu'il serait seul détenteur d'une légitimité donnée par le peuple. Donc pour lui, les députés et les conseillers communaux ou municipaux tous élus au suffrage direct et universel comme lui, par le même peuple, sont moins légitimes parce qu'élus dans des circonscriptions électorales réduites. Quelle preuve d'humilité !

 

Encore ici, la Cour constitutionnelle est interpellée car elle reste seule garante du respect de notre Constitution qui est la clé de voûte de notre édifice démocratique.

 

Contre toute attente, les libertés publiques et privées s'effritent au fil du temps sous le régime du changement et les devoirs régaliens de l'Etat, c'est-à-dire ceux-là  même qui sont assignés au chef de l'Etat en contrepartie des prérogatives qui lui sont conférées par la constitution - ces devoirs dis-je - sont présentés comme un cadeau du chef de l'Etat ou du gouvernement au peuple béninois. Quelle honte !

 

Aujourd'hui, le chef de l'Etat qui a adopté une stratégie de one man show au niveau du pouvoir exécutif, s'estime au dessus de la loi, s'arroge lorsqu'il le désire un droit de veto sur les décisions d'autres institutions  de contre pouvoir : le DESPOTISME s'installe progressivement au Bénin. Nous retournons à la case départ et tout est à recommencer !   



Article ajouté le 2007-12-27 , consulté 275 fois

Commentaires


Ogbonkotan Janvier le 28/12/2007 à 09:16:13
Mr le Député,
le style qui tranche avec le politiquement correcte vous va comme un gant. Je vous prie de ne pas baisser les bras et de vous batre pour sauver la démocratie.
Mon souhait est que vous soyiez régulier dans la publication. Deuxième lecture et je suis conquis par la franchise et le style sans faux fuyant. Vivement que le PRD se démarque de manière à créer la bipolarisation. Et à susciter tellement espoire que la vieille classe se regroupe autour de lui.

Pour les municipales, je vous en prie, faites le plein à AKPAKPA.

Encore une fois, merci mon Député et merci au PRD qui nous donne espoir de jour en jour.
Datondji Gédéon le 28/12/2007 à 17:00:43
Salut,
Ayant constaté les vélléités populistes de YAYI, mon souhait aurait été de le désavouer en boycotant son message à la Nation.

Si les députés de la minorité, que dis-je les Députés de l'opposition peuvent marquer de leur abscence cette cétémonie, je leur tirerai chapeau
Nestor le 09/07/2008 à 17:14:47
Voici ici un tas de rêveurs

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